mercredi 14 décembre 2011

Prix Sakharov: soutien aux printemps arabes

Dédié à Mohamed Bouazizi, Asmaa Mahfouz, Ahmed al-Zoubair Ahmed al-Sanusi, Razan Zeitouneh,  Ali Farzat, des noms quasi inconnus il y a un an, le présent post constitue en quelque sorte un prolongement de celui du 7 décembre dernier, intitulé "La voix des peuples", et un hommage à tous ceux qui luttent pour la liberté et la dignité.

Parmi ceux-ci, Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, membre du Conseil national de transition  en Libye, l'un des lauréats du Prix Sakharov 2011. Le 13 décembre 2011, lors d'une rencontre-débat sur le "printemps arabe" tenue dans le cadre de la remise du prix Sakharov, à l'invitation du Parlement européen, de la Ville de Strasbourg, d'Arte et du Club de la Presse, l'auditoire a eu la possibilité de dialoguer avec l'un de ces combattants de la liberté.  

"La victoire est toujours du côté des peuples; ce sont les peuples qui restent en place" .  Agé de 77 ans, dont 31 années passées en prison, il entend désormais oeuvrer au sein du CNT (Conseil national de transition) pour asseoir une constitution et la légalité. Et se voulant rassurant pour ceux qui s'inquiétaient de l'émergence des islamistes, il répond quelque chose comme :   "Faites-nous confiance. Nous aimons la vie et nous aimons la vie des autres." 
      

Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi à Strasbourg 13.12.2011 / photo webm. prana infos

Le prix Sakharov

Le Parlement européen attribue chaque année depuis 1988 le prix Sakharov pour la liberté de pensée à des individus ou des organisations qui, du fait d'une contribution majeure, ont permis des progrès en matière de lutte pour les droits de l'homme ou la démocratie.

Ahmed al-Zubair Ahmed el-Sanusi au Parlement européen / Source: capture écran PE
                              
                         Asmaa Mahfouz et Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi / Source: capture écran PE


Cinq lauréats en 2011

Cette année le Parlement européen a remis ce 14 décembre 2011 le prix Sakharov à cinq lauréats:

Mohamed Bouazizi (à titre posthume) : Vendeur ambulant tunisien né en 1984, il s'est immolé par le feu en signe de protestation le 17 décembre 2010, son geste ayant entraîné son décès le 4 janvier 2011. Il est à l'origine des émeutes qui ont amené au soulèvement tunisien et, le symbole de celles qui, par extension, se sont étendues aux autres révolutions arabes.

Asmaa Mahfouz : Egyptienne née en 1985, Asmaa Mahfouz a rejoint le Mouvement égyptien des jeunes du 6 avril 2008, en aidant à organiser des grèves pour les droits fondamentaux. Par la diffusion de messages sur Youtube et sur les réseaux sociaux, elle a réussi à créer une synergie et à mobiliser la population de façon à exprimer leurs revendications sur la désormais emblématique place Tahrir. Arrêtée ultérieurement, elle a cependant été libérée, sous caution, grâce à la mobilisation de forces progressistes.

Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi : Agé de 77 ans et en ayant passé 31 dans les prisons libyennes, il oeuvre désormais au sein du Conseil national de transition pour ancrer les valeurs démocratiques de l'après-Kadhafi dans son pays.

Razan Zeitouneh : Avocate syrienne de 34 ans, engagée pour la défense des droits humains, à l'origine du blog "Human rights information link", elle dénonce les meurtres et atteintes aux droits de l'homme commis par les autorités de son pays.  Elle vit actuellement dans la clandestinité et n'aura pu se rendre à Strasbourg pour la cérémonie. 

Ali Farzat : Caricaturiste syrien de 60 ans, son engagement contre la dictature lui a valu d'avoir les mains brisées en août dernier par des forces à la solde du régime syrien. Il serait actuellement réfugié au Koweit. Il n'aura pu se rendre à la cérémonie à Strasbourg.
Sources: Parlement européen; Arte; Wikipédia